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Tendances marché Aéronautique

 

« 2015 est une année pivot de passage de la phase de conception à celle de production »

Dans l’aéronautique, les carnets de commande sont remplis pour les dix années à venir. La phase d’étude terminée, place aux métiers de la rationalisation de la conception. Le challenge des cinq années à venir ? Gagner en productivité.

Le chiffre d’affaires du secteur aéronautique a augmenté de 2.9% en 2014, pour atteindre 50,7 milliards d’euros contre 48,4 Md € en 2013. Celui des équipementiers a cru de 28% tandis que celui des avionneurs a augmenté de 41% de 2007 à 2013. Le secteur bénéficie largement de la progression du trafic mondial comme en témoigne la hausse de 6% des ventes à l’export entre 2013 et 2014 et une reprise de l’investissement.

Fabrice B, Directeur Secteur chez euro engineering, décrypte les tendances du secteur aéronautique

« Le marché français est dicté par les donneurs d’ordre que sont Airbus, Safran, Stélia et Dassault. Or un grand changement s’est opéré ces deux dernières années : Airbus, par exemple, a finalisé sa gamme avion avec l’A350. Nous arrivons aujourd’hui dans une période creuse au niveau des études de programmes neufs, restent seulement quelques projets d’amélioration ou de motorisation des nouveaux avions. En contrepartie, la partie production augmente car les avionneurs ont beaucoup vendu, nécessitant une augmentation des cadences de production. Des innovations sont indispensables pour accroître la productivité, tout en conservant la qualité et des prix pertinents. »

Tendances identiques sur les marchés de l’aéronautique civile et militaire.

Le carnet de commandes global de la profession représente entre cinq à six années de production et est resté stable au record de 2013, à 73 milliards d’euros en 2014. L’aéronautique civile représentait 77% de l’activité en 2014 contre 64% en 2005 et a contribué à hauteur de 84% à la hausse du carnet de commandes global.

« Le fleuron français Dassault a plus que rempli son carnet de commandes. Dassault a enregistré des commandes d’une trentaine d’avions quand l’entreprise n’en sort que quatre ou cinq par an.  Il entre donc également dans une logique de montée de production qui va être multipliée par deux. On se retrouve avec la même nécessité d’augmentation de la productivité, un peu à retardement en France pour l’aéronautique civile. »

Un nouveau besoin d’ingénieurs en production : des compétences qui restent transférables

Afin d’augmenter les cadences de production, on peut dupliquer certaines technologies de l’industrie automobile très en avance sur le sujet pour les transférer dans l’aéronautique. Jusqu’à présent, les avions sont fabriqués à l’unité au contraire des chaines de production et d’assemblage dans l’automobile. Selon Fabrice Bruni : « En termes d’unités, cela n’a encore rien à voir avec l’automobile, mais tous les producteurs aéronautiques essaient de multiplier leurs cadences par deux ou trois. Ainsi, on se rapproche du taylorisme. »

Le Gifas a notamment mis en place un programme de 22,9 milliards d’Euros nommé « Performances Industrielles » qui connait un grand succès pour mieux gérer les flux de production. Des spécialisations plus axées sur la gestion des flux et du Lean management seront certainement nécessaires. « Sur les cinq prochaines années, l’aviation aura d’importants besoins en ingénieurs méthode, de production et en qualiticiens. Les ingénieurs d’études peuvent facilement se reconvertir aux métiers plus proches de la production via des formations dans des écoles d’ingénieurs avec des bases de mécanique, option méthode et production ».

L’épuisement des réserves énergétiques, qui amène à penser à des carburants alternatifs davantage écologiques, reste une priorité des métiers du secteur.

Dans le cadre de la conférence des Nations Unies pour le climat se déroulant à Paris cette année, l’industrie de l’aéronautique est consciente des enjeux de la transition énergétiques ainsi que de la nécessité du succès de la COP 21. L’environnement reste prioritaire pour les différents métiers, le secteur été le premier à s’engager pour la réduction des émissions de CO2 dès 2009. On peut citer notamment les avancées des équipementiers sur la nouvelle génération de moteurs Leap à remplacer sur les Boeing 737 et une partie des A320 ou celles des avionneurs avec le A320 neo. L’engagement de la filière est d’améliorer l’efficacité énergétique de 1.5% par an d’ici 2020 et de diminuer de moitié les émissions de CO2 d’ici 2050. « Les métiers liés aux économies d’énergie sont en expansion depuis quelques années déjà. Nous avons de plus en plus besoin d’ingénieurs matériaux ou d’ingénieurs moteur pour concevoir des avions plus légers qui consomment moins d’énergie

Source : Gifas (2015).



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