Actualité et tendances du secteur ferroviaire

 

Le secteur ferroviaire se porte bien. Son marché mondial accessible est estimé à 113 mds € pour 2017 – 2020. Il suit une croissance annuelle de +1,5 %. Quant à la France, elle est 3e puissance mondiale du ferroviaire et l’excellence de son industrie ferroviaire est réputée dans le monde entier.

Voici le point sur le secteur ferroviaire et ses tendances, ses facteurs de succès et ses limites, dans le monde et en France.

Le ferroviaire dans le monde

Une croissance mondiale soutenue par 3 tendances
Le ferroviaire est un mode de transport en phase avec les préoccupations écologiques ; il répond aussi aux problèmes de saturation du trafic.
Les parcs de trains des principaux transporteurs européens (SNCF, RATP, DB - Deutsche Bahn) âgés de 20 ans vont être renouvelés à hauteur de 50% ; ceux des Etats-Unis et de la Russie suivent cette tendance.
Les pays émergents, en pleine phase d’équipement, sont le nouvel eldorado du TGV.

La répartition géographique du marché mondial
Le marché européen reste le plus vaste (39,1 mds €). Mais pour 2015-2017, les marchés des pays émergents affichent de fortes croissances. Notons que le marché chinois repart ; le marché indien a doublé en 4-5 ans (13 mds € en 2014). Le Brésil est stimulé par les JO 2016. Le Moyen-Orient investit dans le transport collectif.

3 activités industrielles ferroviaires sollicitées
L’industrie du matériel roulant est en tête. Son volume d’affaires passera de 42,1 mds € en 2011 à 48 mds € d’ici 2018. Les besoins viennent majoritairement d’Europe de l’Ouest, dépassée par l’Asie-Pacifique d’ici 2018, et suivie de près par la CEI.
Le marché des services sera aussi dynamique avec le renouvellement des installations annoncées. De plus, les exploitants vont davantage externaliser leur maintenance et leur rénovation, soit un marché de 30 mds € à conquérir (externalisé aujourd’hui à hauteur de 10 mds €).
Enfin, la signalisation et le contrôle connaîtront la plus forte croissance, grâce au développement des lignes automatiques et à l’interopérabilité des flux, en Europe notamment.

Les industries en concurrence
Pour répondre à ces besoins, 3 leaders mondiaux absorbent près d’un tiers du marché global : Bombardier, Siemens Infrastructures & Cities et Alstom Transport. Le reste de l’activité se partage entre de nombreux équipementiers et sous-traitants, dans un contexte de concurrence et de compétitivité accrues. Entre autres, CSR et CNR, deux acteurs chinois déjà présents dans les pays émergents, ont des ambitions affichées vers l’Europe et les Etats-Unis. Côté concurrence, les mesures protectionnistes biaisent certains marchés, comme aux Etats-Unis, en Chine ou en Inde.

L’activité industrielle ferroviaire française

La France est le 3ème acteur mondial du ferroviaire en chiffre d’affaires, derrière l’Allemagne et la Chine. Sa puissance ferroviaire repose sur son expertise, sa force d’innovation et son industrie capable de proposer des solutions globales. Avec un marché intérieur en progression (8,2 mds € en 2015-2017), la France est considérée comme le territoire européen le plus dynamique du marché ferroviaire. Dans ce contexte positif, l’activité industrielle ferroviaire française est en pleine effervescence. Mais qu’en sera-t-il à long terme ?

Le rail plébiscité pour l’aménagement du territoire français et à l’étranger
A moyen terme, les chantiers sont nombreux. Le RFF prévoit en régions l’extension et l’interconnexion de nouvelles lignes, et l’installation de LGV (Ligne Grande Vitesse).
En Ile-de-France, la RATP, le STIF et le RFF lancent, entre 2015 et 2021, divers travaux de prolongement et d’automatisation sur les lignes de métro 4, 11 et 14, et la ligne du RER A.
Par ailleurs, l’activité est boostée par l’interopérabilité européenne et la libéralisation des marchés du transport pour les exploitants du rail.
Une question inquiète cependant la filière : quand la vague de renouvellement sera passée, quel sera l’avenir du ferroviaire sur le marché français ?
Le marché mondial sera sûrement une solution. Dores et déjà considérable, il représente aujourd’hui un quart des débouchés de l’industrie ferroviaire française (1 mds €). Les exportations vont surtout vers l’Europe, l’Asie et l’Afrique du Nord (Maroc).

Le marché ferroviaire, 4e marché des sous-traitants français (après l’automobile, l’aéronautique et l’électricité-électronique)
Cette forte activité alimente aujourd’hui un vaste tissu d’équipementiers et de sous-traitants. Elle pourrait même permettre la reconversion de certaines entreprises de l’automobile - secteur majeur mais en déclin.
En terme d’emplois, le ferroviaire génère 21 000 postes directs et 84 000 indirects. Il annonce de l’embauche dans les 3 ans à venir. Les profils d’ingénieurs en génie civil et en génie électronique sont particulièrement recherchés.

Fédérer la filière ferroviaire trop diffuse
Néanmoins, si le secteur ferroviaire se porte bien aujourd’hui, la filière française gagnerait à mieux se structurer, surtout si son avenir se tourne à terme vers le marché mondial. Or, hormis quelques grandes entreprises (Alstom Transport, Bombardier, Faiveley), la profession est essentiellement composée de PME : cet éclatement complique son organisation. Toutefois, quelques fédérations y travaillent (la FIF et le CS2F -Comité Stratégique de la Filière Ferroviaire). Des clusters rassemblent également les acteurs de la filière (I-Trans, LUTB, Advencity Ville & Mobilité Durables ou Véhicule du Futur).

En conclusion, d’ici 2020, le secteur ferroviaire va bénéficier d’un grand volume d’activités en France et dans le monde. La filière française possède la compétence technologique et le tissu industriel nécessaires pour s’imposer en acteur majeur de cette croissance. A long terme, il lui faudra conquérir de nouveaux marchés à l’international, et faire face à une redoutable concurrence. Pour cela, un de ses défis sera de fédérer davantage sa profession.